
Ces photos de l'album de Marc Hodges me remet en mémoire nos longues promenades d'autrefois dans le parc au crépuscule quand nous étions encore amis. Nous adorions ainsi marcher dans la semi-obscurité calme et fraîche de ces sous-bois nous perdant dans de longues conversations qui, la plupart du temps, portaient sur la politique, les femmes, la cuisine, le vin et la littérature.
Je me souviens notamment de l'une d'entre elle où nous parlions de nos façons
respectives de lire: je disais qu'il m'était impossible de lire, en même temps, plus d'un ouvrage car si c'était de la fiction, passant d'un livre à l'autre, je perdais toute l'atmosphère particulière de chacun d'entre eux et, si c'était de la théorie, je ne parvenais pas à isoler les concepts propres à l'un ou l'autre des ouvrages.

Marc prétendait qu'il en était tout autrement pour lui et, qu'au contraire, il aimait à lire simultanément plusieurs ouvrages mélangeant sans difficulté fiction et fiction, fiction et théorie, théorie et théorie. Il affirmait que chacune de ses lectures s'en trouvait enrichie car, d'une part, la linéarité des textes l'ennuyait plus que toute autre chose et, d'autre part, son esprit découvrait sans cesse de nouveaux sentiers d'un ouvrage à l'autre, des correspondances, provoquait des développements imaginaires qui n'auraient pu avoir lieu autrement. Ce qui l'intéressait, disait-il, dans la littérature, ce n'était pas tel ou tel texte, mais la littérarité dans son ensemble, cette capacité particulière à l'esprit d'atablir, par l'intermédiaire des mots, des liens entre le réel et le virtuel, entre l'accompli et le possible, entre le possible et le probable.

Je suis convaincu qu'une des clefs de sa façon d'écrire s'est forgée ainsi.
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